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Après une lecture de Pierre Loti, Ciel d'Arabie

20161101_152528Une matinée d’automne.

Les volets s’ouvrent après une petite grasse matinée très appréciée. Des nappes de brouillard s’étendent encore dans les champs, elles glissent et s’étirent paresseusement jusqu’au petit bosquet.

Tout est silencieux et très calme, pas une risée sur la mare, sur le peuplier immobile aucune branche ne frissonne. L’herbe est très verte et de rosée argentée, quelques feuilles multicolores  jonchent  le sol près des pruniers et pommiers. Un soleil timide commence à éclabousser les murs de la maison, ce sera une douce journée de très beau  temps.

Je reste sur le pas de la porte, immobile, et  ne cesse d’admirer cette beauté simple, tranquille et tellement parfaite.

La fraîcheur de l’air pure et légère se charge d’odeurs multiples, j’en remplis mes poumons : humus, champignons, terre humide, feuilles mortes, mousses se bousculent à chaque inspiration. Le ciel est blanc grisé avec d’infimes percées bleutées.

Les arbres sont encore bien chargés de feuilles mais la palette de couleurs s’empourpre de jour en jour, ce matin c’est le jaune et l’oranger qui priment, ils deviendront des ors soutenus avec  le soleil de midi.

Pascale P.

Ciel d'automne

Océaniquement distant l’automne de mes souvenirs, l’automne de mes désirs.

En ouvrant grand les portes fenêtres aux moustiquaires tropicales et observant la fameuse désintégration de la couleur dont le zénith du soleil vénézuélien a inspiré tant d’artistes, ce moment où ces pléthores de teintes vivaces et ardentes disparaissent et nous narguent en se fondant en camaïeu de beige, blanc, maïs et perle, comme une rétine brûlée n’en pouvant plus de se gorger de ce bouquet incandescent  et provoquant.

Je me laisse, ce matin, emporter par cette vague chevauchant l’écume et déferlant sur les terres tempérées de mon passé où s’épanouissent les mousses odorantes et douces de la transition d’équinoxe, où se détachent les ors ternis des rousseurs des arbres devenant chauves à regret, où les rêves luxuriants et parfumés de l’été se transforment en contes bruns et mouillés des larmes de la Nature pleine d’émotion due à la perte du soleil franc et rassurant.

Peur du froid à venir, du gel, des brumes et du givre arrivant finalement au même effet blanchissant sur le paysage que le soleil tropical à son zénith.

Mondialisation de la décoloration due à des extrêmes météorologiques opposées.

A quoi bon aller si loin.

Est-il enfin utile de rechercher un résultat surprenant notre regard.

La différence se respire et ne se regarde pas, ce picotement de l’air rafraîchissant nos poumons ou endormant nos corps épuisés par la chaleur.

Oui, ce sera par le souffle que je goûterai désormais les paysages de mes vies à venir et passées.

Diana W.

 

Tag(s) : #Ecrire avec Pierre Lti, #Textes de l'atelier

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