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Un moment de la vie où l’on sent qu’il faut laisser, abandonner certaines choses ou occupations que l’on faisait jusqu’à présent parce que l’on a changé, on est plus tout à fait la même. Ces choses ou occupations pèsent à un tel point que l’on est plus soi-même. Pendant un temps, on se force encore à les faire et puis on s’aperçoit que l’on ne peut vraiment plus et l’on se sent dépérir de l’intérieur. On ne fonctionne plus comme avant mais on ne veut pas encore se l’avouer, alors on continue, on continue jusqu’à l’épuisement.

Ce fut le cas pour moi après la disparition de Jacques. Je suis devenue hyper active pour combler ce vide étrange qu’était devenue ma vie.

J’ai contribué à la création d’une association dans mon village dans laquelle je me suis beaucoup investie. J’ai continué mes bénévolats parisiens : centre social avec les femmes immigrées, les soins palliatifs. Rapidement je me suis aperçue que tout cela ne correspondait plus à moi. J’avais changé mais je ne le savais pas encore. Plus je me forçais plus je me sentais mal. Cet état a engendré petit à petit des angoisses, des refus et du mal être.

J’ai compris alors qu’il fallait que je me libère, j’étais en train de me ligoter dans des choses qui ne me convenaient plus.

Il a fallu que j’ai le courage et l’honnêteté d’abandonner ce que je faisais, ce en quoi je ne croyais plus. Ce fut une période très difficile de prise de conscience, de remise en question afin que je puisse continuer à aller de l’avant, sauvegarder un équilibre de vie en train de chanceler et être authentique avec moi-même et les autres.

Jacques n’était plus là et je ne pouvais plus continuer à être celle que j’étais avec lui. Je devenais autre. Je ne devenais que moi, libérée et assumée de plus en plus authentiquement. Ce fut un lâcher prise bénéfique et constructif avec toujours le souvenir de Jacques pour me soutenir. 

*    *    *

Au cours des années 2007-2008, dans le but d’essayer de me reconstruire peut-être une vie quelque peu affective, pendant 6 mois j’ai tenté l’aventure internet avec Meetic, un site de rencontres. Je trouvais cela amusant et excitant. Mon profil était fait et diffusé. Je consultais le site plusieurs fois par jour et je trouvais cela épatant bien qu’il n’y ait pas en fait grand-chose d’intéressant. A part quelques exceptions, je pense que ce genre de site est un peu trompeur. Et puis, à 67 ans, il ne faut tout de même pas rêver ! J’ai eu bien sûr quelques approches, uniquement sur la toile ; je les trouvais intéressantes mais quand les choses se précisaient, comme par hasard, l’heureux élu avait trouvé l’âme sœur !

Un jour, j’ai quand même eu un rendez-vous au Zimmer (brasserie place du Châtelet) avec un monsieur un peu plus âgé que moi. Tout a très mal commencé. Il était installé à une table à l’opposé de la mienne et nous ne nous sommes pas vus. J’attendais donc un peu fébrile. Je décide d’user de mon portable, nous nous sommes donc retrouvés. Bon, le portrait du prétendant n’était pas très ressemblant à la photo du site mais ce n’était pas catastrophique. Monsieur s’est avéré très bavard sur ses expériences professionnelles bien qu’il soit à la retraite sans l’être véritablement. Il avait encore des projets. Tant mieux pour lui. Nous nous sommes racontés à bâtons rompus pendant une heure et avons décidé de déjeuner ensemble la prochaine fois. Il était venu dans mon quartier, j’irai donc dans le sien à Neuilly. Nous prenons rendez-vous dans une brasserie avenue Charles de Gaulle.

J’arrive à 12h45, l’heure du rendez-vous. Personne. Je commence à lire mon journal. 13h personne.13h30 personne ! Je commence à m’énerver et commande un plat. Je téléphone au retardataire et j’apprends avec stupeur qu’il a complètement oublié notre rendez-vous ! Il est en train de jouer au bridge et me dit qu’il arrive tout de suite. Il était désolé et moi furieuse. Je l’ai accueilli avec une certaine froideur. Il s’excuse, commande un plat, moi j’avais terminé le mien. Il recommence à me parler de ses projets professionnels dont je n’ai strictement rien à faire. Nous prenons un café et je lui dis que ma sœur habitant Neuilly, je vais lui rendre visite. Il décide de m’accompagner en essayant vaguement de me prendre le bras. Je lui dis alors que je préfère être seule et qu’il est inutile de se revoir. J’étais soulagée…

Il n’y a pas eu d’autres expériences. J’avais compris !

Pascale G. 

 

Tag(s) : #Pascale G, #L'oubli, #Textes de participants

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