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Ouf, je monte alors que le train siffle le départ et je m’assieds, toute essoufflée par ma course contre la montre. Le train part et c’est à ce moment précis où je lève les yeux sur le tableau des destinations que je me rends compte de mon erreur.

Ah, zut, me voilà dans le mauvais train, la tête dans les étoiles, je m’étais laissée entraînée par la foule.

Bon, à moins de sauter par la fenêtre, de piquer une crise de nerfs ou de tirer la sonnette d’alarme(bonjour l’amende!), voyons le côté positif; vive l’aventure!

Je décidais de téléphoner pour m’excuser auprès de ceux qui m’attendaient à la gare convenue et, la chose étant faite,je respirais à plein poumons, avec une impression de légèreté, de plaisir à l’idée que justement, n’étant pas attendue, je pouvais me mettre en «vacance», c’est à dire dans une positon où tout était libre et donc possible. Tout d’abord, je me laissais bercer par le cahotement du train la tête entre sieste et rêverie à demie-éveillée.

J’avais du temps, le train ne s’arrêterait que dans quatre heures, et la ville annoncée ne me disait rien; inconnue au bataillon!

Ma respiration devint régulière, et l’impression d’être toujours entre deux stress disparut.

Quelle liberté de ne pas être attendue pour ce que les autres croient que l’on est, pour les missions à effectuer en rapport avec la profession exercée, alors, je retrouvais mes 20 ans lorsque mes ballades au Luxembourg n’avaient pour seul but que de humer l’air, de regarder les arbres et d’écouter les oiseaux en laissant défiler les promeneurs.

Ces retrouvailles de jeunesse étaient si bons que le sommeil me cueillit en douceur.

Un arrêt brusque me sortit de ma langueur et je descendis du train, encore endormie.

La gare était plutôt accueillante, des géraniums ornaient les fenêtres de la petite bâtisse et je me dirigeais vers le guichet, bien décidée à prendre le premier train pour un retour arrière.

Devant la guérite, un peu déboussolée, je tournais finalement les talons et sortis de la gare, accueillie par un soleil timide.

Mes pas m’entraînaient à mon insu, puis au bout de la rue, ils se firent volontaires et je me dis:«au diable les contraintes, vive l’inconnu!»

Véronique M.

Tag(s) : #Textes de participants, #Véronique M.

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