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J’étais haute comme trois pommes et déjà pas la langue dans la poche. Aussi, lorsque je me suis retrouvée dans ce lit et cette chambre inconnue, j’appelais ma mère, mon père et toute la famille, oscillant entre la peur et le goût de l’aventure.

Aucun souvenir d’avant ce moment, une amnésie angoissante mêlée à une colère d’être ainsi laissée seule, sans protection.

Que s’était-il passé pour qu’un abyme ait englouti ce petit lit où je dormais à côté de mes sœurs ?

L’effroi commençait à m’envahir et, malgré tous mes efforts, rien de compréhensible ne me venait à l’esprit. Comment étais-je arrivée là, qui m’avait déshabillé et mis cette petite chemise de nuit parfaitement à ma taille, qui vivait dans cette maison, au demeurant assez cosi ?

Il me fallait déjà apaiser mon coeur qui battait à tout rompre, respirer et puis me fier à mes sensations.

En face du lit, une petite coiffeuse avec un miroir attira mon attention. En me soulevant légèrement, et en bougeant sur la droite, je pouvais m’apercevoir. Cela me permit dans un premier temps de ne plus douter de ma propre existence. Je vis ma petite bouille et mes cheveux très clairs dans la glace et mes yeux bleus écarquillés.

Ouf, bonne nouvelle, c’était bien moi. Oui, c’était déjà quelque chose où se raccrocher !

J’inspectais mon corps, mes bras, mes jambes, mes pieds, tout était en place.

Et cependant, ce trouble ressenti me fit peur. Avais-je été kidnappée, m’avait-on abandonnée ?

Toutes ces questions trottaient dans ma petite tête, et après un long temps où je repris une respiration normale, je décidais qu’il me fallait en savoir plus.

Je scrutais les environs et, sur la pointe des pieds, après m’être assurée que mes habits, bien pliés sur une chaise n’attendaient que moi pour me permettre de partir, j’avançais sur la pointe des pieds jusqu’à la porte.

J’ouvris tout doucement la porte mais, juste derrière, un gros chien me barrait l’entrée.

Il était vieux et n’avait pas l’air bien méchant. Il ne grogna même pas quand je lui marchais malencontreusement sur la queue et je me dis que j’avais un ami dans la place, voire qu’il me défendrait s’il le fallait, du moins l’espérais-je.

Il sentait un peu mauvais mais ça n’était pas bien grave ; il était là pour me protéger, je ne risquais plus rien.

C’était encore la nuit noire et je me penchais pour le caresser.

Ses poils me réconfortaient et entre mes petits doigts potelés cherchant le contact, une douceur m’envahit.

Où pourrais-je être mieux que blottie contre lui ?

Alors, je posais ma tête sur son ventre un peu flasque, mais si accueillant, je jouais avec son duvet et peu à peu, une torpeur me décontracta et rassurée, je m’endormis.

Véronique M.

Tag(s) : #Textes de l'atelier, #Véronique M.

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