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La vie de tous les jours me paraissait grise, morne, triste.

J’attendais le Dimanche pour la sacro-sainte visite de la chapelle orthodoxe, et, dès que j’apercevais les petits dômes dorés, j’avais le sentiment de reprendre vie.

Passée l’entrée, dans ce petit sanctuaire, je humais l’air embaumé d’encens à la myrte, je me perdais avec extase devant les icônes dorées des vierges et des saints ; puis j’allais chercher un peu à l’écart de ma famille bruyante, un abri protecteur sous une voûte surchargée de personnages baroques et si je n’adhérais pas à cette représentation, les couleurs me ravissaient.

Surgissait alors en moi des images qui n’étaient pas des souvenirs, mais des scénarios inventés où mes fantasmes s’alliaient à la réalité pour ne faire qu’un.

Dans ces moments-là, le temps s’arrêtait.

Je vivais un autre monde, plus fidèle à mes extravagances et lorsqu’ enfin mes parents venaient me chercher, je voyais bien qu’ils me trouvaient ailleurs ; ça me plaisait de devenir étrangère à leurs yeux mais il fallait bien redescendre dans ce quotidien plan-plan.

J’avais fait provision d’imaginaire à ma hauteur, suffisamment pour passer la semaine à venir.

Et puis un jour , le déménagement me priva de ma madeleine de Proust.

Alors, j’ai entassé au fil du temps des petites icônes, des œufs colorés, des cuillères en bois peintes à la main dans des couleurs aux teintes mordorées, enfin, toutes sortes de bibelots qui rassemble en un lieu intime mes objets et mes pensées.

 

 Veronique M

Tag(s) : #Textes de participants, #Véronique M., #La Passagère

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