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« Ton habitude, c’est de n’en pas avoir », me dit un jour mon père.

Et c’était vrai, je passais ma vie à improviser ;

Et peut-être ne s’en apercevait-on que lorsque j’en changeais.

La routine pour moi était synonyme de course contre la montre.

Vite, vite, il fallait faire vite.

Donner une claque au réveil et le haïr, attendre sa deuxième sonnerie pour me lever d’un bond, m’apercevant avec frayeur que j’étais en train de me rendormir.

Vite, vite, le café sur le pouce, la douche vite, vite, tout préparer avant de réveiller le plus tard possible ma fille qui ne s’éveillait tôt que les jours de congés, et n’y parvenait pas en semaine. Vite, vite, la convaincre de  se lever, de s’alimenter, de s’habiller… pauvre gamine, qui ne pouvait pas se presser, c’était contraire à sa nature profonde.

Toujours l’œil rivé sur la montre, vite, vite, la fourrer dans la voiture, où elle achevait de se réveiller, souvent avec bien du mal. Ronger mon frein pendant les deux heures d’embouteillage, avec des sueurs froides devant la pendule du plateau de bord.

La déposer devant son école et regagner la mienne. Pendant dix ans de ma vie mais aussi de la sienne, la routine était une angoisse permanente, à laquelle il n’y avait pas de bonne solution.

Et bien maintenant, C’EST FINI !

D’abord, le réveil est muet. Paix à son âme et à sa sonnerie…

Ça commence par un poids lourd sur mes jambes, et c’est le chat. Puis c’est une chaleur dans le dos, et c’est la chatte.

Dès que je bouge, elle me grimpe sur l’épaule gauche, et ronronne. Parfois même elle y bave, j’ai une minette qui postillonne.

Premier regard à la fenêtre. Grand soleil, joie ! Pluie ? Douceur… Vent : bien-être de profiter d’une maison si chère à mon cœur…

Je me lève. Parce que je le veux bien. Il n’y a pas de « il faut ». Génial !!!

J’enjambe au passage une chienne, qui a collé son coussin contre le pied de mon lit, au cas où il me prendrait fantaisie de vouloir m’envoler. Elle n’a pas envie de bouger.

Direction la cuisine.

 

En traversant la salle, je croise le regard de la deuxième chienne, ce regard tragique dont elle n’a pu se défaire. « Salut, toi ! »

Mettre à chauffer l’eau pour le thé.

Couper une tranche de pain et la mettre à griller.

Retour dans la salle, la chienne au regard tragique est proche de s’évanouir. Tout va bien, remets toi ! Je ne vais pas t’attaquer à coups de pain grillé !

Les autres animaux m’attendent, les deux chats devant leur gamelle, la première chienne a simplement changé de coussin, elle me regarde « par-dessus ses lunettes », jamais elle ne me quitte du regard.

Le thé, le pain grillé, un regard à la pendule. Tiens, déjà ? Bon, tant pis….

 

Ah ! Qu’est-ce que j’ai à faire aujourd’hui ?

La peinture de la cuisine….   Bon, d’accord, je prends un livre.

Il faut que je fasse la vaisselle… Alors je file sur Internet.

Je dois travailler sur un conte… Et je commence à désherber.

Il y a le ménage à faire. Et si je téléphonais à ma copine ?

Ça serait bien d’aller voir les poneys… C’est donc le chat que je me mets à brosser ;

Aujourd’hui, c’est jour de couture. Très bien, je vais préparer une soupe !

 

Ma routine, c’est d’avoir le luxe de ne jamais faire ce que je devrais faire !

 

Séverine L.

Tag(s) : #Textes de l'atelier, #Séverine L

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