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Avant que les Nymphéas de Claude Monnet ne soient réunies au musée de l’Orangerie, elles étaient exposées au sous-sol du musée Marmottant dans le XVIe arrondissement.

A une période de ma vie j’y allais souvent, en semaine de préférence lorsqu’il n’y avait pas grand monde.

Dans cette immense salle tapissée par les immenses toiles des Nymphéas, je me sentais comme immergée dans un univers aquatique de végétation, dans un monde de couleurs à la fois franches et floues. Je me laissais porter par les rêves de lumière qui s’échappaient de chaque peinture.

Je faisais d’abord le tour de la pièce et puis je m’asseyais sur les banquettes placées au centre et je pouvais observer avec un recul suffisant, je m’imprégnais et à chaque fois, une douce harmonie descendait en moi. C’était calme mais très intense et bien vivant.

J’aurais aimé écouter de la musique en cet endroit, une musique légère et limpide correspondant à cette nature presque irréelle. Peut-être y en avait-il d’ailleurs, je ne me souviens pas, mais je l’entendais dans mon cœur, j’aurais dû l’inventer.

Je crois que les Nymphéas que je préférais étaient celles de la fin de vie de Monnet, lorsqu’il était presque aveugle. Les contours sont flous, il peint de mémoire et ce sont les plus émouvantes.

Là, je me retrouvais comme dans mon jardin secret où la réalité semble correspondre à l’irréalité de tous mes espoirs, et je vivais consciemment et intensément cette parenthèse de vie que je me permettais et dont j’avais besoin.

Je n’étais plus à Paris dans le quotidien de ma vie, j’étais dans le paradis des jardins de Monnet.

Pascale G.

Tag(s) : #Pascale G, #Textes de participants, #La Passagère, #Monet

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