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Pénétrer dans ce petit bois est un enchantement. Les troncs blancs, griffés horizontalement de brun, défient le vert sombre de la forêt de conifères qui se trouve juste de l’autre côté du chemin. Nous craignons de profaner un ensorcelant mystère. 

En rangs serrés, les bouleaux se laissent caresser par le soleil de la fin de l’après-midi. En automne, on entend leurs feuilles d’or, presque rondes, frissonner dans le vent léger. Des mottes de bruyère mauve,accrochées à de grosses pierres étonnamment dressées là, ajoutent leur piquant au parfum humide du sous-bois. Bien campé dans la haute mousse spongieuse qui fléchit sous nos pas, le cortège de ces arbres blancs qui nous frôlent fait songer aux processions de moines ou de druides de jadis. Un peu plus loin, les fougères ombellifères tentent de s’imposer. Traverser cet espace suspendu dans le temps, souple et mouvant, se laisser guider par le sentier aux ornières profondes vers la lumière que nous apercevons, tout là-bas, est une aventure pour nos sens en éveil.

Soudain, tout près, un puissant moteur s’acharne à grand fracas contre le sol. Il griffe, il arrache. Vrombissant, il déchire le silence, il lacère la magie du lieu. Un éboulement de pierres qui bondissent dans un roulant vacarme ébranle la terre sous nos pieds. Puis voici que, juste au sommet de la crête, le soleil nous aveugle de tout son éclat, il nous agresse de ses rayons fulgurants, prêts à disparaitre derrière la colline : plus aucun feuillage ne nous protège.

L’enchanteur bois de bouleaux s’arrête ici, tout net. Un précipice impressionnant s’est ouvert devant nous, désormais abandonnés à l’à-pic vertigineux d’une carrière en pleine exploitation.
En contrebas, dans l’ombre qui s’allonge,d’énormes machines dévorent la roche.

Fredaine

Tag(s) : #Atelier d'écriture, #Textes de l'atelier, #Textes de participants, #Fredaine

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