Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Elle regardait au loin, pensive, dans l’incertitude.

Elle irait vers la mer, de travers, obliquement, pour s’échapper où il semble ne plus rien y avoir que d’illimité.

Le sens de la limite l’habitait, elle voulait s’en dégager.

Elle s’engagerait dans un chemin vague au bord des dunes, elle le suivrait sans penser à autre chose qu’à l’oubli de soi. Elle saurait qu’il va la mener vers la mer, vers l’espace liquide, lointain, où se perdent toutes traces, d’où partent toutes traces.

Elle penserait qu’elle est enfin seule et elle verrait apparaître l’horizon métallique et rectiligne, le fond de la planète, la ligne sur laquelle s’appuie toute pensée, toute vibration qui s’élève. Elle se sentirait  baigner dans des sensations archaïques, précises, du temps où la terre était plate et le ciel son complément.

Alors, elle marcherait vers la mer, cette masse impressionnante, indomptable, indécodable, le symbole pur de la liberté.

Elle déambulerait lentement, longtemps, sur le rivage à suivre ou à précéder le  paresseux déroulement des vagues sur le sable.

Elle sut qu’elle désirait aller vers un autre temps de sa vie.

 

Christine L.

Tag(s) : #Textes de l'atelier, #Textes de participants, #Christine L.

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :