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Route de nuit

 

  Il est minuit. Les jeux sont faits au casino, et nous nous retrouvons dehors dans la rue. Aller à droite ou à gauche ? Bon, on décide. A Monaco c'est la France ou l'Italie. En stop ou à pieds ? On a tout perdu ou presque, qu'importe. L'Italie ? Une chance : des Italiens s'arrêtent et nous embarquent. Nous roulons dans la nuit, la montagne d'un côté, la mer de l'autre et les étoiles, la frontière, ça y est. Tout là-haut il y a une auberge de jeunesse : je me revois avec mes hauts talons et la jupe longue étroite exigée par le casino, (pas de pantalon ou de t-shirt à Monaco !) Je grimpe péniblement sur un chemin caillouteux, escarpé sous le clair de lune. Et voilà, la caserne des auberges : les filles d'un côté, les garçons de l'autre jusqu'à demain, coucher dans des lits branlants à deux étages ! Heureusement peu de monde à cette époque.

 Mais au réveil ? L'éblouissement ! Des vignes dégringolant à pic jusqu'à la mer brillante tout près dans le soleil levant, des verdures  inconnues dans la brume, des palmiers en bas pour la première fois : ces couleurs, ces rochers rouge-grenat, le ciel et cette mer si limpides, si bleus après la grisaille froide et humide d'avant-hier à Paris, cette douceur de l'air et cette multitudes de fleurs nouvelles !

C'est ainsi que je découvris la Riviera Italienne une nuit de printemps.

Il est minuit. Les jeux sont faits au casino, et nous nous retrouvons dehors dans la rue. Aller à droite ou à gauche ? Bon, on décide. A Monaco c'est la France ou l'Italie. En stop ou à pieds ? On a tout perdu ou presque, qu'importe. L'Italie ? Une chance : des Italiens s'arrêtent et nous embarquent. Nous roulons dans la nuit, la montagne d'un côté, la mer de l'autre et les étoiles, la frontière, ça y est. Tout là-haut il y a une auberge de jeunesse : je me revois avec mes hauts talons et la jupe longue étroite exigée par le casino, (pas de pantalon ou de t-shirt à Monaco !) Je grimpe péniblement sur un chemin caillouteux, escarpé sous le clair de lune. Et voilà, la caserne des auberges : les filles d'un côté, les garçons de l'autre jusqu'à demain, coucher dans des lits branlants à deux étages ! Heureusement peu de monde à cette époque.

 Mais au réveil ? L'éblouissement ! Des vignes dégringolant à pic jusqu'à la mer brillante tout près dans le soleil levant, des verdures  inconnues dans la brume, des palmiers en bas pour la première fois : ces couleurs, ces rochers rouge-grenat, le ciel et cette mer si limpides, si bleus après la grisaille froide et humide d'avant-hier à Paris, cette douceur de l'air et cette multitudes de fleurs nouvelles !

C'est ainsi que je découvris la Riviera Italienne une nuit de printemps.

 

 

L'attente

                  

Oui. Ils avaient accepté, elle irait. Oui enfin. Cette fois elle irait seule, toute seule. Elle n'en revenait pas. Le printemps arrivait, cette nuit elle avait entendu l'arbre du jardin voisin vibrer de tous ses bourgeons rouges et vert tendre. Cette nuit-là elle l'entendit. L'air prit une odeur de tendresse, la chambre devint sa complice, même le chat ronronnait. Oui ils avaient accepté, enfin. Elle avait toute une semaine pour se préparer : la robe, le jupon, le foulard, les gants et le sac à mains assortis aux souliers bien sûr. Ah comme son cœur battait : une garden-partie. Rien que le mot déjà ! Au mois de Mai, quand les fleurs se réveillent et les parfums.
Bientôt les miroirs de sa chambre renvoyèrent d'un mur à l'autre la longue robe de moire qui se balance accrochée au lustre : "murmure de nacre et d'émeraude" la baptise-t-elle. Déjà elle cherche les visages des inconnus, des airs qu'elle entendra, des rythmes et le bel inconnu qui l'entraînera dans une valse sans fin. Encore deux jours, interminables, gris et flamboyants, ça tourne dans sa tête et elle devient sourde aux autres : le collège ? Non, non plus tard, pas de grisaille et d'ailleurs l'interro d'histoire a été reportée, c'est un signe ! Le bonheur arrive, l'inconnu, le mystère : comment dormir quand la vie s'ouvre ?

 

Marine Vallerie

 

 

Tag(s) : #Atelier d'écriture, #Marine Vallerie

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