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Après lecture d'un conte de Jean de La Varende, La Pinsonnière

Maison heureuse ornée d’amours joufflus et souriants, cachée sous les arbres immenses… l’arrivée d’un jeune homme un jour…

Que venait-t’il y faire ?

et pourquoi donc n’y arriver seulement à la fin de la belle saison où les matinées se rafraichissent et laissent pressentir les froidures à venir, les jours raccourcis et les ombres propices au secret s’étirant déjà sur le gazon.

Cette jolie petite maison faite pour le bonheur, aux amours ailés joufflus rieurs des glyphes de la façade, comme une boite précieusement décorée ne pouvant contenir que des douceurs et de la joie.

"Tu trouveras les clés dans une vasque de pierre au coin de la façade, à droite, juste avant la petite tourelle" lui avait dit sa vieille tante Emilie, "je t’ai trouvé un travail intéressant te permettant de t’exercer à ton nouveau métier de maçon, une petite précision cependant, la plus absolue discrétion est requise, ton silence sera le garant de ta protection, personne ne devra savoir que la maison est habitée pendant ton séjour, il s’agit d’effectuer certains travaux dans le silence et le calme absolus, tu y seras bien, fais moi confiance, ton caractère s’est toujours prêté au mystère je l’ai toujours su et c’est bien pour cela que j’ai pensé à toi"_

Jérôme enthousiasmé par cette opportunité de se perfectionner tout en gagnant quelques sous à ajouter à son pécule, arrive donc ce matin d’octobre encore doré des rayons d’un soleil d’équinoxe et se glisse à l’intérieur de la maison à l’aide de la clé déterrée.

Immédiatement le contraste entre cet extérieur riant et tentant, appelant le sourire et la détente et la chape glaciale de l’intérieur le paralyse. Le vestibule est gris, austère, figé quoique extrêmement luxueux. Des statues de personnes sévères, des tableaux solennels, des couleurs éteintes n’invitant pas à s’attarder.

La maison par l’agencement de ses couloirs semble lui montrer le chemin de son lieu de travail.

Il monte à l’étage, se dirige tout d’abord vers la 2ème porte à droite dont tante Emilie lui avait parlé comme étant la chambre lui étant destinée, pose son sac sur le lit et tout de suite s’enfonce dans le couloir vers le mur du fond, là où il doit condamner la porte rouge qu’il trouve aisément. Muni de ses clés, il essaye d’ouvrir cette porte. Aucune clé ne lui correspond, et à bien y regarder la porte n’a pas de serrure. Il s’agit de murer cette porte sans l’ouvrir, tante Emilie a pourtant été claire mais Jérôme est jeune et curieux. Avant d’attaquer son travail il descend visiter le rez de chaussée, la cuisine où tous les placards regorgent de toutes sortes de provisions délicieuses.

Qui donc a su acheter tout ce dont il raffole ?

Jérôme se sert un en cas et remonte à l’étage, se sentant étrangement fatigué.

Malgré cette fatigue soudaine, il commence à organiser ses outils, faire son ciment et commence à monter son mur.- J’aurais terminé bien vite - pensa t’il - cela me parait plus facile que prévu et je n’aurai même pas besoin de passer la nuit ici.

Il termina effectivement son travail à la fin de la journée se retrouvant par enchantement dans une maison éclairée de mille bougies, mystérieusement allumées, le crépitement du bois dans la cheminée le réconforte et il se laisse bercer par cette lumière chaude et dorée.

Après s’être sustenté à nouveau et s’apprêtant à partir, voilà qu’il se retrouve face à la porte par laquelle il était rentré , fermée et à son tour dépourvue de serrure ! Regardant le trousseau de clés qu’il a utilisées à son arrivée , et ne comprenant pas il essaye de se raisonner en allant vers les autres portes et fenêtres des autres pièces …

Mais non, rien ni fait Jérôme est prisonnier de ce lieu à présent chaud et confortable et malgré tout terrifiant;

Tout semble exister et se dérouler comme par enchantement.

Tante Emilie… les paroles de tante Emilie - tu aimes le mystère cela est dans ta nature - son sourire malicieux de vieille dame indigne …

La tête de Jérôme tourne, il est précipité dans un sommeil profond d’où il sait parfaitement qu’il ne sortira que sous la forme d’une statue ou d’un bas relief plus ou moins souriant.

Avant d’ouvrir une porte ne faudrait’il pas se demander si ce qu’elle cache à nos yeux est bien ce que nous désirons découvrir ?

Diana W.

 

Nul bruit ne troublait la paix de ce jardin, hormis le chant des oiseaux qui l’habitaient – des pinsons sans doute qui donnèrent son nom à la maison ?

Le jeune homme s’arrêta pour savourer un instant le parfum des tubéreuses, les couleurs des arbres qui rosissaient doucement, puis il s’avança dans l’allée qui conduisait vers ce qui semblait une porte d’entrée. Le heurtoir frappé contre son bois n’attira personne. Seul un son grave et feutré s’égrena en écho.

Le jeune homme poussa la porte, elle n’était pas verrouillée, et fit grincer les gonds. Il entra. Le couloir était pavé de tomettes rousses luisantes et nacrées, sur lesquelles son pas résonnait au rythme de sa découverte.

Toujours pas âme qui vive et pourtant une présence se faisait palpable sans qu’aucune vision ne permette de la déceler.

Un escalier de pierres déroulait sa spirale au fond du lumineux couloir. Le jeune homme s’arrêta pour écouter le bruit des pas qui descendaient les marches, lents et lourds et pourtant si légers.

Un homme apparut. Grand, svelte, le regard bleu sévère, le visage grave.

Le Maître.

« Vous êtes le nouveau jardinier ? Je vous attendais le 15 »

« Mais nous sommes le 15 ! » dit le jeune homme.

« Non, répondit le Maître, nous sommes le 20. Mais depuis cinq jours aucune personne vivante n’habite ici ».

Et il disparut dans toute sa prestance, venu d’ailleurs, parti nulle part.

Le jeune homme tourna les talons et sortit sans un mot.

Claudine O.

Tag(s) : #Textes de l'atelier, #La Passagère, #Diana W.

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