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Des mots au hasard mis dans une enveloppe : Il y a, encore, assez, avec, sans, voici, doucement, et la lecture des poètes : François Montmaneix, Philippe Jaccottet, Saint John Perse et voilà, c'est vendredi à l'atelier d'écriture...La suite des petits papiers avec Séverine L.
 
« Si tu vois »
 
Si tu vois l’enfant-fleur, souffle doucement sur ses pétales, doucement, tout doucement…
Si tu vois la lumière du jour dans le petit matin, c’est que le chat alangui va venir te ronronner dans l’oreille.
Si tu ne vois pas de quoi il s’agit, regarde mieux et écoute entre les lignes; et puis si tu vois quelque chose, tends la main, souris et ferme le yeux pour que l’image se répande en toi.
Si tu vois ton amour s’éloigner à grands pas, laisse-le aller, ne crie pas, ne pleure pas. Encourage-le.
Si tu vois que partout la vie souffre autour de toi, garde le souvenir du jour où un espoir est né.
Si tu vois, si tu vois…
Et si tu ne vois rien ?
Ecoute les jonquilles pousser, regarde les oiseaux chanter, admire le vent soulever les pelages.
Assieds-toi, et attends.
 
 
« Je viens »
 
Je viens, simplement, je viens.
Je viens voir si l’aube blanchit vraiment la campagne.
Je viens voir si l’oiseau a trouvé sa compagne.
Je viens pendant la nuit, je viens dès le matin.
Je viens, seule car à plusieurs, ce n’est lus venir, c’est aller.
Je viens te chercher, je viens te retrouver, je viens t’inventer.
Je viens doucement, je viens simplement, je viens sans tourment.
Je viens sans tristesse, je viens sans hardiesse, je viens seulement.
 
Je viens, attends-moi, je viens.
 
Voici l’œuf à la coque et la lumière du soir…. Jules Laforgue
 
Voici l’œuf à la coque et la lumière du soir.
Entends l’enfant qui toque à la porte, dans le noir.
 
Voici la terre aride et le brin de lavande
Que pour combler le vide tu déposes en offrande.
 
Voici le café noir et l’éclat du matin
Et avec eux l’espoir dans le creux de ta main.
 
Voici le chêne immense et les oiseaux perchés
Et cette joie intense que nous offre l’été.
 
Voici le chien battu et son regard éteint,
L’enfant à demi-nu qui pleure dans ses mains.
 
Voici la miche craquante et les fruits frais cueillis
Et l’odeur de la menthe par dessus les non-dits…
 
Séverine L.
 
Tag(s) : #Textes de l'atelier, #Séverine L, #jules laforgue

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